Altaplana, world of Francois Schuiten and Benoit Peeters

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Un homme de la Renaissance

© © Sébastien Van de Walle

Le dessinateur schaerbeekois François Schuiten a imaginé la scénographie du musée Train World, qui ouvre ses portes cette semaine. Une nouvelle réalisation pour cet artiste touche-à-tout génial.

Il faut le dire: François Schuiten, c’est culte. Sa patte, comme celle d’un H.R. Giger, le concepteur du monstre d’Alien, est reconnaissable entre mille. Et si vous avez entre 30 et 50 ans, vous avez certainement eu, à un moment de votre vie, un poster signé François Schuiten à votre mur. Véritable icône des années 80/90, Schuiten traverse les décennies, car son public premier a grandi avec lui, et s’étoffe à chaque nouvelle génération. Grâce à ses nombreux autres métiers – scénographe, illustrateur, concepteur d’univers cinématographiques – sa notoriété s’est étendue à travers le monde.

On parle de lui comme d’un “homme aimable, d’une belle figure, doué de quelques talents, de beaucoup d’adresse, et de persévérance, et d’une de ces âmes très convenables pour faire son chemin dans le monde, et pour être un plein artiste”. François Schuiten? Non: Giorgio Vasari, le peintre/sculpteur/philosophe du XVIe siècle, père de l’histoire de l’art moderne. Ces quelques lignes de Stendhal nous démontrent que Schuiten est bien un “homme de la Renaissance”, un touche-à-tout génial, incapable de se satisfaire des compartiments qu’une société trop normalisante a mis en place.

Fasciné par l’univers de Verne, il a accepté d’habiller la maison natale de l’auteur, à Amiens, au moyen d’une fresque, et d’une sphère armillaire géante, disposée… sur le toit du bâtiment.

Fils du célèbre architecte bruxellois Robert Schuiten, François grandit dans la maison de Stockel construite par son père. On imagine le bouillonnement scientifico-artistique qui devait animer la maisonnée, lorsque l’on sait que François est le petit frère d’un autre génie: Luc Schuiten. Dessinateur et inventeur de mondes, Luc est architecte et on lui doit, entre autres choses, une ville végétale qui ferait sans doute pâlir de jalousie un certain Le Corbusier… Malgré ses dons pour le dessin, Luc sera le scénariste des premiers albums de son frère, le cycle “La Terre creuse” (3 volumes parus dans le prestigieux (A SUIVRE) entre 1978 et 1980).

© © Sébastien Van de Walle

Univers à part

La rencontre avec le scénariste Benoît Peeters va confirmer les choses: en 1982, paraissent “Les Murailles de Samaris”. Les Cités obscures sont nées. Suivront “La fièvre d’Urbicande”, “Brüsel” ou “L’enfant penchée”… Schuiten impose un univers totalement à part, mais d’une rare cohérence, où se dessinent des questionnements quasi philosophiques, et presque prémonitoires. La fin de l’espèce, les dérives de l’hyper industrialisation, la place de l’Homme dans la nature, et bien sûr l’importance d’un imaginaire qui, seul, est capable de nous sauver…

Le profil

  • 1956: Naissance à Bruxelles
  • 1977: Premier dessin publié dans “Métal Hurlant”.
  • 1985: Alfred du meilleur album de l’année au Festival d’Angoulême pour “La Fièvre d’Urbicande” (Casterman).
  • 1994: Conception du monde de “Taxandria”, un film d’animation de Raoul Servais.
  • 2002: Grand Prix de la Ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. Anobli par Albert II.
  • 2013: Parution du livre-somme “L’horloger du rêve” (entretiens avec Thierry Bellefroid), avec des centaines de dessins inédits.

Mais Schuiten ne s’arrête pas là. Mettre en images un des mondes parallèles les plus frappants, les plus crédibles de l’histoire de l’imagination ne lui suffit pas. À partir de 1995, en plus de continuer à dessiner, il va concevoir des stations de métro (Arts et Métiers à Paris, Porte de Hal à Bruxelles), il va imaginer des décors de films – et même une partie de leur esthétique (“The Golden Compass”, “Mr Nobody”…), il va dessiner plusieurs pavillons pour des Expositions universelles (Séville, Hanovre, Aichi…)…

Malgré ces réussites multiples et variées, le lien qui unit Schuiten aux Belges, a quelque chose d’intime, car il condense en une œuvre cohérente plusieurs spécialités nationales. Ici, l’école belge de bande dessinée rejoint les plus grands noms de l’art nouveau. Schuiten, c’est la force narrative d’Hergé qui aurait fait sienne la courbe de Victor Horta. Ajoutons à cela un questionnement humaniste qui pourrait rappeler la Yourcenar de “L’œuvre au Noir”, et un goût du fantastico-poétique que n’aurait pas renié Jean Ray ou Thomas Owen…

Le Guide des Cités

Parallèlement à la conception des “Cités obscures”, Schuiten et Peeters, par goût du détail, ont conçu en 1996 le “Guide des Cités”, qui donne certaines clés de cet univers si particulier, comme l’obsession pour la cryptozoologie (science qui s’intéresse aux animaux dont l’existence n’est pas avérée) ou la cartographie compulsive.

Original article by Sylvestre Sbille, published at September 22, 2015.
Read the whole story at L'Echo