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François Schuiten, Le Dernier Pharaon Bruxellois de la BD

Si vous avez lu l’interview de François Schuiten dans notre dernier magazine, allons plus loin dans la conversation avec ce dessinateur de talent aux multiples compétences artistiques. Avec “Le Dernier pharaon”, une aventure de Black et Mortimer, ce maitre à penser de villes imaginaires pose un regard critique et amoureux sur Bruxelles ville qui entre en scène dans cet album.

Bruxelles, une ville martyre ?

“Je me déplace toujours en transports en commun, je marche beaucoup aussi avec mon chien, mais ce n’est pas toujours facile car Bruxelles est une ville qui a sacrifié énormément à la voiture. Il suffit de regarder le quartier des institutions européennes, une véritable forteresse imperméable à la vie, un bloc beaucoup trop homogène et pas assez perméable à ce qui fait qu’une ville est vivante et étonnante. On sent une vision des années 70-80, une époque à laquelle on a grignoté le cœur de la ville avec une violence incroyable.”

Ça se ressent sur les habitants ?

“Sur tout le monde ! Quand on est rue de la Loi, qui est un égout à voitures, c’est un véritable échec urbanistique! Et c’est très difficile de changer ça aujourd’hui. On paie une certaine fascination pour la modernité, et le fait que beaucoup des décideurs du chantier n’habitaient pas à Bruxelles. La ville était comme un grand Monopoly pour eux et on a beaucoup joué. Maintenant, les choses sont un peu plus difficiles pour les joueurs. Ils ne comprennent pas pourquoi on leur enlève les petits billets…”

Les derniers travaux sont-ils la preuve que l’on n’a pas pensé Bruxelles ?

“Le piétonnier, on ne peut pas en parler en quelques mots. Le mouvement de piétonisation des villes a l’air de s’amplifier. Je vois mal comment on pourrait revenir en arrière, mais c’est la façon dont s’est faite cette piétonisation qui est critiquable. C’est plus la façon de faire que l’idée même qui pose problème, l’absence de dialogue avec les citoyens. Il faut des gestes, des mouvements, des décisions, mais il faut les prendre avec empathie, or ici cela s’est fait dans la violence. Il va falloir prendre du recul pour juger l’impact de la piétonisation.”

Est-ce que Bruxelles occupe un statut particulier pour vous ?

C’est ma ville, et ce n’est pas rien, c’est la ville d’où je viens et qui a construit mon imaginaire, avec tout ce que cela a de troublant et de merveilleux. J’ai grandi à Wezembeek-Oppem, en regardant Bruxelles et en la visitant sans cesse. Tous mes albums parlent de Bruxelles, ils sont issus de cette matrice. Je suis très conscient de ce que je dois à cette ville. Bruxelles est une ville de tous les possibles, elle a une identité très brouillée, elle est un peu chaotique. Elle a des moments magnifiques et d’autres assez désespérants parce que je trouve qu’elle n’a pas été pensée. Elle a de vraies difficultés : elle est sous-financée, elle est prise dans cet étau spécifique à la Belgique, et elle a de vrais problèmes pour se projeter. Les villes sont passionnantes quand le passé alimente le présent. Ce qui me plaît le plus dans une ville, c’est ce sentiment de sentir cet équilibre indicible.

Original article by The New Pub, published at May 25, 2019.
Read the original publication at The New Pub


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