Altaplana, world of Francois Schuiten and Benoit Peeters

the impossible & infinite encyclopedia of the world created by Schuiten & Peeters

User Tools

Site Tools


Main menu

Main menu

Browse dictionary

Browse in logical order:
Persons | Cities | Albums | More topics

Browse in chronological order:
Timeline | Obscure Timeline | New pages

Browse in alphabetical order:
A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | XYZ


Altaplana.be the offical site about François Schuiten and Benoît Peeters

Visit also

Visit Catalogue

Visit Office of Passages

Visit Atlantic 12


Les cités obscures, de Schuiten & Peeters

Les cités obscures… Une ville au fin fond du monde qui se révèle n’exister que pour le courageux visiteur, un cube qui grandit à l’infini, relie les univers et connecte le monde, une recherche de traces d’un monde parallèle par un archiviste finalement rejeté lorsqu’il arrive à la vérité… L’œuvre qui rassemble ces histoires tient en un seul volume : il s’agit de la réédition d’histoires imaginées par les mythiques François Schuiten et Benoît Peeters et qui sont réunies pour l’occasion dans une série d’intégrales qui commence juste. Ces trois mondes parallèles au nôtre coexistent ensemble et semblent connectés, tant les mondes se ressemblent en se différenciant.

Dans le premier, un courageux inconscient est envoyé dans une ville mystérieuse située aux confins du monde, Samaris, car la ville ne communique plus avec eux. Après un voyage long et difficile, l’observateur arrive et ne constate rien d’anormal, si ce n’est l’étrangeté des gens qui y vivent et la ville qui semble évoluer au cours du temps, comme mue par un mécanisme qui lui est propre. Mystère… Mais l’observateur est tenace et finit pas découvrir l’effrayante réalité : la ville n’est qu’un immense décor et n’existe que pour le visiteur. Une ville fantôme peuplée de fantômes, d’âmes en peine dont les avertissements ont été ignorées par le téméraire visiteur. Terrifié par sa découverte, il tente de repartir vers sa ville natale. Mais les surprises sont loin d’être finies. Les aventures de ce visiteur maudit peuvent être interprétées comme nous le souhaitons, les auteurs laissent libres les lecteurs dans leur interprétation. Pas de dossier accompagnateur dans ce cas-là, une liberté complète donnée aux lecteurs vis-à-vis de leur œuvre : l’histoire critique-t-elle l’individualisme forcé de notre société qui est toute entière tournée vers l’individu ? Est-ce une vision symbolique de notre société ? Ou bien est-ce une vision des efforts qu’il faut accomplir pour accéder à notre vrai soi ? Une quête impossible vers un idéal qui ne cesse d’être ailleurs ? Je vous laisse vous faire votre propre idée.

La seconde histoire tourne autour d’un cube, ou plutôt d’une structure cubique découverte par hasard et qui est apportée un beau jour chez Eugen Robick, un grand architecte qui a modelé la ville presque comme ses désirs le dictaient. Presque, car il ne manque à Urbicande qu’un pont qui doit lier le Nord et le Sud de la ville, séparés par un large fleuve. Le « cube » est en réalité une simple structure vide, seules les arêtes sont pleines d’un matériau inconnu. Mais le cube a une autre particularité. Il grandit. Chaque jour un peu plus, les arêtes deviennent un peu plus longues, jusqu’à donner lieu à un réseau qui remplit le bureau de l’architecte. Et cela ne semble pas vouloir s’arrêter, bien au contraire, l’objet pousse de plus en plus vite. Le réseau, que l’architecte a nommé d’après son propre nom a maintenant l’ampleur de la ville et devient un phénomène social, politique, économique. Les conséquences sont déjà innombrables, alors que le réseau ne cesse de grandir. La rive Nord de la ville, autrefois considérée comme dangereuse par le Sud, est désormais connectée au reste de la ville. Des commerces sont créés, des relations se nouent, la ville connaît une effervescence sans précédent et le régime politique est renversé. Le lecteur devient le témoin des changements qu’opère le réseau dans une société qui s’adapte rapidement. Il voit les batailles menées par l’architecte qui se bat à la fois pour sauver son existence et pour comprendre le phénomène. L’auteur ne délivre pas moins de douze interprétations différentes, expliquées dans le dossier qui suit la bande dessinée. A vous de décider laquelle vous plaît le plus !

La troisième histoire, ou plutôt la troisième partie de l’intégrale est constituée d’une succession de petites histoires aussi mystérieuses que passionnantes : un fugitif qui tente de se libérer de son monde en passant par des couloirs secrets et d’étroits passages poussiéreux, un savant qui se voit pousser des barres colorées en travers de sa tête et fait sortir de terre un mystérieux bâtiment ressemblant fortement à un grand musée parisien, une enquête menée par un archiviste qui retrouve dans sa bibliothèque des bribes d’histoires issues d’un monde parallèle… Des indices, qui nous sont contés sur des doubles pages, à gauche un court texte où l’archiviste nous parle directement et à droite le dessin de ce qu’il a trouvé. Une enquête que l’on suit avec un intérêt qui se renouvelle à chaque page. Les éléments s’accumulent, se conjuguent et le lecteur se laisse prendre au jeu, mais les auteurs sont bien obligés de finir leur album…

La fin nous laisse une impression d’inachèvement mais, heureusement, les bandes dessinées suivantes seront également rééditées pour notre plus grand plaisir. À suivre donc, sachant que les versions originales sont difficiles à trouver, n’étant plus en vente dans les points habituels. Je n’ai rien écrit sur le style unique des auteurs, les dessins à couper le souffle de Schuiten car ce sont des légendes de la bande dessinée qui n’ont plus rien à prouver. Dites-vous que ces bandes dessinées ont été publiées en 1982 pour les plus anciennes, les plus récentes datant de 1990, et les univers développés restent pourtant très actuels. Les univers sont pour le moins originaux, les scénarios peuvent être analysés de dix manières différentes tellement ceux-ci sont riches. Et encore, je n’ai pas parlé du dossier de trente pages dédiés uniquement à l’analyse des éléments que l’on trouve dans leurs différents mondes, avec des parties sur la végétation, les données géographiques ou les différentes sociétés évoquées. Il y en a d’autre, je vous laisse les découvrir !

Cette bande dessinée est en réalité bien plus d’une bande dessinée. C’est à la fois une œuvre picturale, un recueil philosophique et une expérience sociale que je vous conseille vivement. C’est rare de trouver pareille richesse aujourd’hui. Je remercie chaleureusement les personnes qui m’ont permis de découvrir ces univers débordant d’inventivité. Elles se reconnaîtront…

Original article by Guillaume Bérard, published at February 26, 2018.
Read the original publication at Litto'sphère


This website uses cookies for visitor traffic analysis. By using the website, you agree with storing the cookies on your computer. More information