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François Schuiten: "Il va falloir repenser cet égout à voitures qu'est la ville"

Dix acteurs impliqués dans la mobilité ont partagé avec la RTBF leurs réflexions, leurs craintes et leurs espoirs pour cet enjeu essentiel de nos sociétés. Parmi eux, le dessinateur de bande-dessinée François Schuiten, auteur de la série Les Cités obscures où notre monde réel se mélange à un univers parallèle. C'est également lui qui a réalisé la scénographie du Train World, le musée de la SCNB situé à Bruxelles.

Quels sont les trois principaux facteurs de préoccupation à propos de la mobilité ?

Il est evident que l’on a le sentiment que l’on va vers un blocage complet de la ville. Inexorablement, les villes s’enferment dans les voitures et qu’il n’y a pas vraiment de vision cohérente qui accompagne la complexité du problème. On voit très bien que l’on doit basculer, mais on n’a pas les outils pour le faire (RER, parkings périphériques, etc.). Et puis il y a quelque chose de terrible, c’est l’état général des infrastructures. À Bruxelles par exemple, l’état des tunnels est catastrophique, et le sous-financement n’explique pas tout, car on ne peut économiser sur des problèmes aussi fondamentaux. On voit très bien qu’il sera difficile d’accompagner ce basculement car nous ne sommes pas préparés à cela, et que cela nécessite beaucoup de temps de préparation, et donc une vision à long terme.

Quels sont les trois principaux facteurs d’optimisme à propos de la mobilité ?

Lorsque l’on s’intéresse au ferroviaire, on se rend compte à quel point le train est lié à d’autres formes de déplacement, on ne peut pas l’isoler du reste. Et là est l’enjeu de demain. Comment imaginer une société dans laquelle l’on se déplacerait d’un endroit à un autre avec plus de souplesse et de rapidité. Il faudra donc que la fonction de chaque maillon soit optimisée et pour cela la technologie actuelle et à venir offre des possibilités énormes pour trouver ces opportunités de déplacements, même si pour l’instant les infrastructures vétustes ne nous le permettent pas vraiment. Je trouve qu’il faudrait d’ailleurs faire de cet handicap, de cette lacune, un avantage, en étant encore plus visionnaire. Pas seulement de rattraper le retard, mais aussi d’oser, d’anticiper. Bruxelles par exemple pourrait être un laboratoire car on n’a rien à perdre, au contraire, à oser.

Quelle est la mesure prioritaire à prendre pour la mobilité en 2017 ?

Il faut des électrochocs. Il va falloir montrer que l’on pense la ville autrement. C’est une question de penser ville, d’aimer la ville, la respecter, avoir une culture ville. Cela risque d’être violent, mais il va falloir repenser cet égout à voitures qu’est la ville. Mais on ne peut pas le faire si l’on n’a pas de solutions alternatives. Il faudrait donc un ensemble de mesures, qui pourraient être financées par un péage à l’entrée de la ville par exemple. Ce n’est pas le modèle le plus sympathique mais Londres et Paris ont prouvé que cela fonctionne. C’est une forme d’audace qui peut ne pas être très bien reçue, très bien comprise, c’est pour cela qu’il faut l’inclure dans un projet global, pour que cela soit compris dans sa vision à long terme. Après, la difficulté structurelle générée par le mille-feuilles décisionnel auquel sont soumis les choix en matière de mobilité n’aide pas. Il est donc presque techniquement impossible d’avoir une vision à long terme.

Quelle mobilité dans 10 ans ?

C’est assez amusant. À côté du Train World (Le musée de la SNCB à Schaerbeek), je rêve d’un musée de la mobilité du futur. Un endroit dans lequel on verrait toutes les possibilités de déplacements pour les décennies à venir. Ce serait une manière d’ancrer à Bruxelles une réflexion. Car c’est ce qui manque, de voir à quel point ce serait un confort, une manière de mieux vivre la ville. Une société moins bruyante, plus harmonieuse, avec moins de véhicules. Tout cela inscrit dans un maillage, dans une diversité de pensée. Et pour accueillir cette diversité, il faut favoriser les initiatives futures et les alternatives. Or aujourd’hui ce n’est pas le cas. On favorise encore les voitures. Je suis conscient que les capacités de l’Etat sont réduites, mais les politiques doivent avoir le courage d’aller dans ce sens, d’envoyer des signaux clairs et volontaires.

Original article by RTBF, published at January 24, 2017.
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