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À quoi ressemblera Paris en 2156 ?

Benoît Peeters publie avec son complice François Schuiten le second et dernier tome de la bande dessinée Revoir Paris. L'occasion pour lui de nous parler de l'avenir de la capitale.


Dans le second tome de Revoir Paris, qui vient de paraître chez Casterman, les auteurs Benoît Peeters et François Schuiten poursuivent leur exploration de la capitale au XXIIe siècle. Après avoir préparé son voyage sur la terre dans le premier volume, la jeune héroïne Kârinh, née dans une colonie spatiale, découvre enfin la Ville Lumière. S'étant forgé une vision fantasmée de Paris, la jeune fille est vite rattrapée par la réalité. Vidée de ses habitants, la capitale protégée sous un gigantesque dôme est devenue un musée pour touristes fortunés, abandonnant à l'extérieur les laissés-pour-compte. Un album où les deux auteurs livrent une réflexion sur l'évolution et l'avenir de Paris.

On retrouve plusieurs planches de la bande dessinée à la fin de l'exposition «Machines à dessiner», dont Peteers et Schuiten sont les commissaires, au musée des Arts et Métiers (IIIe). Une façon originale de revenir sur l'aspect à la fois technique et poétique du dessin et d'appréhender l'univers des deux auteurs.

LE FIGAROSCOPE.- L'album Revoir Paris fait-il partie de votre série sur les Cités Obscures?

Benoît PEETERS.- Revoir Paris est par certains côtés proche du monde des Cités Obscures. On retrouve cette atmosphère entre présent, passé et futur qui se mélangent étrangement. Mais pour nous, ce livre n'appartient pas au cycle des Cités Obscures. Ce dernier s'intéresse à une série de villes imaginaires, d'un monde différent, parallèle au nôtre alors que Revoir Paris parle de la capitale que nous connaissons. Seulement, au lieu de faire un bond dans l'espace, nous faisons un bond dans le temps. Dans l'album, nous sommes en 2156 et à cette époque on a toutes les libertés pour jouer avec les symboles parisiens. Nous avons repris avec François Schuiten des éléments reconnaissables comme la Tour Eiffel, Notre-Dame, le centre Pompidou, mais il y a d'autres éléments qui sont extrapolés. On imagine ainsi que le projet des Halles n'ayant pas satisfait les habitants, on a reconstruit les Halles de Baltard comme auparavant.

Paris est-elle devenue un joyau dans un écrin?

Toute l'ambiguïté de l'histoire est de dépeindre un Paris qui graphiquement et visuellement paraît séduisant. Un Paris complètement climatisé avec une lumière toujours douce, des aurores boréales, des effets de rosée au petit matin. Mais quand on regarde bien, c'est un peu un cauchemar car c'est une ville qui a été vidée de ses habitants et qui n'existe plus que pour le tourisme. Elle est là pour flatter une imagerie un peu conventionnelle.

Dans Revoir Paris, rendez-vous hommage à la Ville Lumière ou tirez-vous un signal d'alarme sur son devenir?

Il y a un péril de la muséification pour un certain nombre de très belles villes européennes comme Amsterdam, Venise, Prague. Cette menace est réelle. On risque de voir l'économie du travail et des échanges qui a fondé une ville comme Paris peu à peu remplacée par quelque chose de doucereux, de plaisant. Les Parisiens apprendraient à accueillir parfaitement les visiteurs du monde entier mais cela ôterait en même temps ce qui fait la diversité de la capitale. Je crois que pour les grandes villes qui s'ouvriront de plus en plus aux touristes, il peut y avoir une tentation d'enlever tout ce qui fait désordre et d'essayer d'uniformiser la ville en une imagerie. Ce qui manque à Paris aujourd'hui profondément, c'est un imaginaire et cet imaginaire ne peut pas figer la ville dans un idéal.

«Revoir Paris Tome 2- la nuit des constellations». De Benoît Peeters et François Schuiten, Casterman, 64 p., 17€.

«Machines à dessiner» au musée des Arts et Métiers. Jusqu'au 26 février 2017. 60, rue Réaumur (IIIe). Du mardi au dimanche, de 10h à 18h, nocturne le jeudi jusqu'à 21h30. Entrée: 6€.

Original article by Anne Sollier, published at October 28, 2016.
Read the whole story at Le Figaro