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« Train World », le rêve ferroviaire de François Schuiten

Le peintre et dessinateur des Cités obscures et de Brussels a inventé à Bruxelles un musée enthousiasmant et fascinant qui s’est ouvert vendredi 25 septembre.

« Ce projet est un miracle. Il n’aurait jamais dû se réaliser », s’émerveille le dessinateur François Schuiten, qui a consacré dix ans de sa vie à imaginer ce musée inédit, mis en scène comme « un opéra ferroviaire ». « Train World » (le monde du train) s’ouvre dans la gare de Schaerbeek, construite à la fin du XIXe siècle dans le style « Renaissance flamande ».

UN UNIVERS FABULEUX

Le dessinateur, qui habite tout près, l’a placée dans plusieurs albums et a beaucoup rêvé en tournant autour. Sous sa charpente en fer, l’immense salle des pas perdus a conservé ses guichets et ses banquettes en bois. Entrée majestueuse, avec projections de peintures, de photographies et de films sur ses hauts murs, dans un univers fabuleux, d’une folle originalité et d’une richesse délaissée. « Train World », c’est l’Atlantide ferroviaire retrouvée.

« À la place d’un musée traditionnel, j’ai préféré raconter une histoire vivante, changer le regard sur cette prodigieuse aventure, à partir de la rêverie qui s’attache à ce monde. » François Schuiten en déploie la mythologie sur un vaste espace de 10 000 mètres carrés, en une succession d’univers et d’époques : 22 locomotives et wagons exposés, 1 250 objets, 64 projections, 20 réalisations interactives.

L’HISTOIRE DU RAIL BELGE

Au commencement était la vapeur. Trois antiques locomotives sommeillent derrière un grand écran translucide sur lequel s’étend la progression arachnéenne du chemin de fer en Belgique. En 1835, la ligne inaugurale de ce pays, pionnier en Europe continentale pour la construction et la circulation, passait ici, à Schaerbeek.

Au commencement du commencement était le rail. Le visiteur marche sur une plaque de verre. Sous ses pas, dix mètres de ruban d’acier se prolongent spectaculairement par la vision d’une vraie ligne sur un immense écran. Dans Espace du temps, une multitude d’horloges et de pendules rappellent que le train en Belgique a unifié la mesure horaire, jusque-là disparate selon les villes.

LA 12, FASCINANTE ET EFFRAYANTE

Le Grenier ferroviaire exhume une multitude d’objets féeriques, simples ou sophistiqués, si présents dans les mémoires, tirés de ce patrimoine industriel. Du lampiste au conducteur de train à grande vitesse, du garde-barrière aux ingénieurs, entouré d’architectes, de musiciens, de spécialistes lumière, de peintres, de designers, François Schuiten n’oublie aucun métier.

Jeux subtils d’éclairages et compositions musicales enveloppent cette déambulation onirique d’une émotion que le surgissement de la 12, immortalisée dans l’un de ses albums sous les traits de La Douce, porte à son ravissement.

Elle est là, immense, 120 tonnes de grâce, aérodynamique dans sa robe verte d’acier, « une coureuse avec des roues gigantesques », arrachée à la destruction par des cheminots qui réussirent à l’escamoter. « Apogée et chant du cygne de la vapeur », François Schuiten la présente en contre-plongée pour « retrouver le regard d’un enfant en proie à l’effroi, l’inquiétude, la fascination et le plaisir ».

DES WAGONS DE SOUVENIRS

Plus loin, une authentique maison de cheminot fait revivre les années 1950, celles de l’Exposition universelle et des rapides, au confort enviable. Une promenade dans des wagons de la Croix-Rouge, des compartiments d’ouvriers, des trains de plaisir, est agrémentée par une multitude de détails poétiques, clins d’œil de fantaisie légère, que vient soudain dissiper un lugubre wagon de marchandises, qui fut utilisé par les nazis pour acheminer les convois de la mort.

En dehors de ce rappel terrifiant que n’a pas négligé François Schuiten, toute la visite revendique le plaisir d’une certaine nostalgie (train postal, wagons-lits, épopée du luxe, Trans-Europ-Express, voitures royales). Le visiteur enthousiasmé découvre les trains de très bas, de très haut, en diagonale, frontalement, farandole de surprises et de souvenirs.

Le parcours le fait revenir sur ses pas, à des hauteurs et selon des angles toujours différents. Son regard est aussi attiré par la ligne de fuite des rails et le ballet coloré des trains qui traversent le nœud ferroviaire de Schaerbeek, en silence, derrière de grandes baies vitrées. Le rêve et la réalité se confondent dans le délicieux vertige d’une ivresse passagère.

VERS LES TRAINS DU FUTUR

Des simulateurs de conduite propulsent vers l’an 2 400 (il y aura toujours des rails). En sortant, les « nez » profilés des TGV de demain, fusées sur rail, sortent des murs.

« Si vous ne voyez pas “Train World” comme nous l’avons rêvé, il faudra revenir », invite le généreux François Schuiten, que Jim, son gros chien noir, fidèle compagnon, mascotte du chantier, entraîne au bout de sa laisse.


22 voitures et 1 250 objets exposés

  • Le Musée « Train World » est situé dans les anciens bâtiments de la gare de Schaerbeek, qui datent de 1887 et 1913. L’investissement a été de 25 millions d’euros.
  • Au total, 22 modèles de matériel roulant sont exposés, des voitures de troisième classe aux luxueuses voitures de la Compagnie internationale des wagons-lits et deux voitures royales belges de 1901 et 1931. Un simulateur en trois dimensions permet de « piloter » des trains allant jusqu’à 400 km/heure. 1 250 objets divers sont exposés.
  • Une curiosité : dans un immeuble centenaire, à deux pas, le « Train Hostel » offre des chambres-couchettes, comme dans les wagons-lits, dans des wagons juchés sur son toit. Tél. : 32 (0) 28 086 176.

Original article by Jean-Claude Raspiengeas, published at September 28, 2015.
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