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Schuiten et Peeters fantasment Paris

Les deux auteurs laissent «Les cités obscures» pour se projeter dans un futur qui rend hommage aux visionnaires d’autrefois.

Avec François Schuiten et Benoît Peeters, l’anticipation fait bon ménage avec une certaine poésie. Dans Revoir Paris, les créateurs de la bande dessinée Les cités obscures mettent entre parenthèses leur célèbre saga pour proposer une vision du futur pas forcément optimiste, mais fortement teintée d’utopie. En 2156, la Terre n’en mène pas large. Plus d’Internet, la barbarie à tous les carrefours. Kârinh, une jeune femme expédiée en mission par une colonie spatiale qui a coupé tout lien avec la planète mère, fantasme Paris à partir d’images découvertes dans de vieux bouquins miraculeusement préservés…

La présence en creux de grands visionnaires du XIXe siècle (Albert Robida, Jules Verne, Walter Benjamin) plane sur la première partie de ce brillant diptyque rétrofuturiste à l’intitulé ambigu. Au téléphone depuis Bruxelles, le dessinateur François Schuiten confirme le double sens de Revoir Paris, un titre imaginé par son complice, le scénariste et écrivain Benoît Peeters. «On peut lire le terme «revoir» au premier degré: voir à nouveau. Mais la dimension «réinventer Paris» existe aussi. Nous ne sommes pas des urbanistes, simplement des auteurs de fiction. On aimerait juste ouvrir le débat en nous amusant avec la notion de futur.»

Citadin convaincu, Schuiten se défend d’avoir signé avec ce nouvel album une déclaration d’amour envers Paris. «Il s’agit bien davantage d’une déclaration à l’imaginaire. Paris fait rêver, attire le désir, mais est aussi victime de son surplus d’imagerie. Elle est gonflée de clichés, qui en définitive cachent une ville assez complexe, éprouvant de réelles difficultés à grandir.»

Avec Benoît Peeters, Schuiten caressait depuis longtemps l’idée de planter le décor d’une de leurs histoires à Paris. Le dessinateur belge, qui a travaillé il y a quelques années sur le projet du Grand Paris visant à transformer l’agglomération en une grande métropole européenne, a également conçu la décoration de la station de métro Arts et Métiers sur la ligne 11 du réseau parisien. Quant à Peeters, il habite depuis plusieurs années dans la capitale française. «Oui, Paris nous est familier. On a essayé plusieurs fois d’insérer la ville dans Les cités obscures, sous le nom de Pâhry. Mais ce n’était pas vraiment convaincant. Sans doute parce que la dimension d’un Paris parallèle fonctionnait moins bien que pour une cité comme Bruxelles, transformée en Brüsel. On s’est rendu compte qu’il fallait un peu s’éloigner de l’univers des Cités pour aborder Paris avec une certaine fraîcheur, à travers un concept un peu différent, davantage tourné vers la science-fiction.»

Au futur antérieur des Cités obscures, François Schuiten a préféré la pure anticipation. «On voulait être plus prospectifs, moins dans le décalage. J’ai vraiment envie de rêver de demain.» Si la ville des années 2150 mise en images dans Revoir Paris n’engendre pas spécialement l’optimisme, Schuiten ne se montre pas inquiet de l’avenir. «Vous verrez que la réponse que nous proposons au final s’avère complexe. Notre vision n’est ni positive ni apocalyptique. C’est dans les contrastes, les contradictions mêmes des villes du futur qu’il y a le plus de choses à faire.»

Voir un extrait de l’album en PDF (2,7 Mo)

Original article by Philippe Muri, published at December 15, 2014.
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