Altaplana, world of Francois Schuiten and Benoit Peeters

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Rallumer la flamme de l’utopie

Revoir Paris, c’est une belle illustration de ce que peut, aussi, être la bande dessinée. Un 9ème art encore tout jeune, que l’on découvre dans des dimensions toujours plus riches et étonnantes.

Schuiten et Peeters sont déjà inscrits dans le panthéon des auteurs de bandes dessinées, ils ont su proposer une création singulière et vertigineuse. De manière originale, cet album a été conçu de façon organique avec une exposition de la Cité de l’Architecture et du Patromoine. Ensemble, l’album et l’exposition bâtissent un pont inattendu et pourtant logique. Celui de la bande dessinée et de l’utopie urbaine. « La planche, ça se rapproche d’une topographie, ça joue des rapports de vide et de plein. On peut donc approcher l’écriture et la composition d’une planche de bande dessinée avec des préoccupations d’architecte », explique le dessinateur.

Conjugué au futur intérieur, le récit nous transporte dans un Paris imaginaire surprenant. Une ville monde, où les espaces de navigation sont fluviaux ou encore aériens, ou la frontière entre le tangible et le virtuel est insaisissable. Un monde inquiétant et fascinant à la fois, qui interroge.

Au cœur de cette histoire, se pose la question de l’identité, des origines et de la mémoire. Une jeune femme, orpheline de naissance et native d’une planète colonisée n’a qu’une seule obsession : voir Paris. C’est une « utopioman ». A l’aide de substances hallucinogènes, elle s’immerge dans l’urbanisme rêvé par Robida. Elle chérit les rares livres survivants comme des trésors, alors qu’ils ont été « désherbés des bibliothèques » comme des reliquats inutiles. Tête brûlée, elle ne conçoit aucun avenir possible sur sa planète et est prête à tout pour réaliser son vœu le plus précieux. Un aller-simple. Un voyage vers ses origines, vers elle-même. Comment en effet, imaginer un futur sans passé ?

Le Paris imaginé par Schuiten et Peeters est une métaphore de ces enjeux, examinés en écho dans l’exposition. La ville s’est modelée au gré des sociétés qui l’ont façonnée, modifiée, malmenée parfois, sublimée d’autres fois. Comme un visage qui serait le miroir de notre pensée, de nos modes de vie. Sur ces mutations, on porte tour à tour un regard nostalgique, inquiet, enthousiaste. L’essentiel étant de continuer à s’interroger, et à rêver.

Dans notre société actuelle qui est menée par l’intérêt productiviste, les contraintes environnementales, financières, démographiques, économiques, que reste-t-il comme place à l’imagination ? Pourtant, n’est-elle pas un moteur essentiel aux réalisations de demain ? Redonner sa place à la vision. Voilà peut-être, un des messages fondamentaux de cet album.

Un message qui est transmis sur le ton de l’urgence. Dans le vaisseau spatial qui achemine les personnages vers Paris, un jardin botanique harmonieux constitue un havre de paix. Mais laissé quelques temps sans surveillance, il devient envahissant, déstructuré et menaçant. Quel sera le Paris de demain ? Si on ne le pense pas de manière globale, qu’on le laisse se développer de manière organique au gré des contraintes solutionnées individuellement ?

L’exposition Revoir Paris plonge dans les grandes idées, réalisées ou non, qui ont nourri depuis deux siècles les mutations de la capitale. Au travers de nombreux documents, vues aériennes, peintures, écrits, plans, cartographies. Des dessins de Robida aux grands travaux de Haussmann, en passant par l’apport des expositions universelles, de Le Corbusier ou encore Perret.

Original article by Laura Crevel-Floyd, published at November 28, 2014.
Read the whole story at La Provence en BD