Altaplana, world of Francois Schuiten and Benoit Peeters

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Schuiten & Peeters : « L’absence de vision à long terme est la pire des choses »

En janvier 2011, dans le cadre d’un dossier sur la « ville idéale », Usbek & Rica avait organisé une rencontre entre le dessinateur François Schuiten et l’architecte Paul Chemetov. L’occasion de confronter leurs imaginaires et leurs définitions de l’utopie. Près de quatre ans plus tard, nous sommes retournés discuter avec le dessinateur belge, cette fois accompagné de son éternel acolyte, l’écrivain et scénariste Benoît Peeters. Il faut dire qu’en cette fin d’année 2014, l’actualité des deux hommes est plutôt chargée puisqu’ils publient le tome 1 d’un nouvel album, Revoir Paris, et qu’ils sont en parallèle commissaires de l’exposition du même nom à la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui leur a permis d’explorer les grandes utopies architecturales inspirées par et pour la capitale. Dialogue avec les maîtres du futur antérieur.

Vous présentez votre nouvel album, Revoir Paris, comme une œuvre d’anticipation et non de science-fiction. Pourquoi cette distinction est-elle si importante à vos yeux ?

Benoît Peeters : Le mot « anticipation » nous semble décrire plus justement l’univers de ce nouvel album. Avec le cycle des Cités obscures, on était dans l’exploration de mondes parallèles, plutôt rétrofuturistes, tandis que Revoir Paris est une histoire d’anticipation libre qu’on a située deux siècles exactement après notre année de naissance à François et moi-même, donc en 2156. Et nous avons tenu à ne pas être dans l’imagerie technologique, qui nous paraît un peu usée en bande dessinée.

François Schuiten : On peut même dire qu’on a nettoyé notre histoire, qu’on l’a épurée, pour enlever un ensemble d’éléments qui participent à l’imagerie classique de la science-fiction. Nous avons aussi porté une attention toute particulière aux personnages, au côté charnel.

On sent tout de même une volonté de créer un univers crédible, un monde qui pourrait réellement exister…

Benoît Peeters : On cherche une certaine crédibilité, c’est vrai, mais sans se dire qu’en 2156 le monde ressemblera à celui qu’on décrit. On développe un imaginaire plausible plus que possible. On montre un avenir au conditionnel, qui ne correspond que très partiellement à celui que nous pourrions souhaiter. L’album demeure une proposition fictionnelle. On tenait vraiment à éviter le topo explicatif sur l’état du monde au milieu du XXIIe siècle.

François Schuiten : L’idée, ce n’est pas seulement de se faire plaisir en mettant en scène des univers architecturaux qui nous plaisent, comme ceux d’Albert Robida ou d’Auguste Perret, mais plutôt d’adopter une démarche rétrofuturiste. Nous essayons de réactiver des idées et des projets passés, qu’on croit à tort démodés, alors qu’ils pourraient trouver un nouveau sens dans le futur. Mais nous ne nous interdisons pas non plus d’être prospectifs.

Original article by Blaise Mao, published at November 27, 2014.
Read the whole story at Usbek & Rica